Comment deux personnes, qui vivent la même situation, ne vont pas du tout appréhender les faits de la même manière ? Comment l’une se relèvera, alors que l’autre restera à terre ? Qu’est ce qui fait qu’un trauma sera source d’apprentissage pour certain(e)s ou source d’effondrement pour d’autres ?
Prenons l’exemple d’une rupture sentimentale.
Il existe deux cas de figures…
Premier cas de figure… la personne quittée sera forcément meurtrie d’avoir perdu l’amour, le sentiment amoureux, son autre… Ce lien si beau, si enivrant où l’on aime se perdre corps et âme… mais, elle parviendra à relativiser, à se focaliser sur les aspects positifs de sa vie : « oui, j’ai mal… oui, c’est douloureux… oui, je suis meurtri(e)… mais, à côté de ça, je suis en bonne santé, mes enfants vont bien, je suis entourée, j’ai un boulot que j’aime, je gagne ma vie, j’ai un toit, etc… ». On peut parler, alors, de psychologie positive (Martin Seligman).
Ainsi, ce regard, cette prise de conscience, nous prend par la main pour nous aider à surmonter notre chagrin avec plus de rationalité, plus de recul. La guérison se fera plus rapidement et la paix intérieure pointera à nouveau le bout de son nez. Cette rupture pourrait, tout aussi bien, devenir source d’apprentissage, de cheminement. Elle révèlera, pourquoi pas, certaines de nos zones d’ombres, et mettra en lumière des situations que l’on ne souhaitera plus vivre, afin de nous aider à ne plus tomber dans nos « chers » schémas répétitifs.
Deuxième cas de figure… la personne quittée restera focalisée sur sa déception, sur sa douleur… cette dernière en deviendra presque physique… elle sera dans l’incapacité de déplacer son attention sur tout ce qui va bien dans sa vie. Elle s’enfermera dans sa tristesse, avec ce sentiment profond, réel ou pas, que sa vie s’effondre, que plus rien ne compte, qu’elle ne pourra jamais se relever. La guérison sera longue, délicate. Ne pas se laisser envahir par l’émotionnel, parfois même l’égo. Ne pas confondre la séparation et l’abandon, le détachement et le rejet. Certain(e)s arrivent même, parfois, à ne plus croire en l’amour, à se créer une carapace et à se fermer à toute histoire, à toute tentative amoureuse par crainte de revivre ce sentiment de désespoir. Parce-que, oui, beaucoup d’entre nous ne se remettent jamais d’un chagrin d’amour.
Dans ces deux manières d’aborder les évènements de la vie, tellement de facteurs entrent en jeu. Ce n’est pas seulement une question de « force », de mental… nos blessures émotionnelles sont mises à rude épreuve. Il n’y a rien de pire que d’entendre ces mots culpabilisants : « Allez réagis… ça va aller… il y a des choses plus grave… » lorsque l’on est au « fond du trou ». Et oui, nous ne sommes pas tous égaux dans notre capacité de nous relever. Aussi, il me semble nécessaire « d’apprendre », de mettre en place des clés qui pourraient nous aider à recouvrer le goût de la vie plus facilement, plus rapidement… à ne pas sombrer… s’essayer à la méditation, se faire aider, se lancer dans des activités créatives, par exemple, afin d’apaiser nos pensées négatives, notre mental… peut-être utiliser les mots ou encore le dessin pour exprimer notre douleur.
Et par-dessus tout, prendre conscience que rien n’arrive pas hasard, que le chemin est long, tumultueux mais que les « accidents » de la vie nous poussent à grandir, à changer, à progresser, à nous transcender. Ne pas fuir notre peine, mais la regarder en face et tenter de comprendre ce qu’elle réveille chez nous, en nous… ne pas résister, l’accueillir pour mieux l’appréhender afin d’en faire une force. Pour certains, ce sera inné, comme un instinct de survie pour d’autres, le travail sera plus difficile. Mais rien n’est impossible.
Ce n’est que mon regard…
Astrid Veillon
