Le sens de la vie… trouver le sens de sa vie…
Décidemment, Hervé Malet me gâte… chaque sujet, soufflé, est une introspection personnelle. Le sens de la vie… question certainement plus philosophique que psychologique… encore un pont qui lie profondément les deux approches. Durant mes nombreuses années de thérapie, une de mes thérapeutes commençait, inlassablement, notre séance, par cette question « Astrid, quelle est votre mission sur terre ? Pourquoi êtes-vous là ? » Il m’était impossible d’y répondre… aujourd’hui avec l’expérience, la maturité et suite à ma réflexion pour écrire cet article… tout est plus clair, plus évident.
Alors, essayons de nous pencher sur le sujet…
Pour commencer, il me paraît évident que le sens de ma vie ne sera pas celui de mon voisin, de mon compagnon, de mon fils ou de je ne sais qui d’autre. Il appartient à tout un chacun de trouver son propre sens de sa vie. Cependant, quelques généralités, similitudes peuvent résonner chez beaucoup d’entre nous et c’est à cet endroit que je vais m’attarder. Nous sommes toutes et tous en quête du bonheur… vrai ou faux ? Nous sommes toutes et tous dans le désir d’être « bien-heureux et non mal-heureux »… n’est-ce pas ? N’est-il pas là, le sens de la vie ? Irène Grosjean a dit « Au-dessus des nuages, il y a toujours le soleil. » Alors, comment trouver ce soleil ?
Qu’est-ce qui nous définit réellement ? De quoi avons-nous vraiment besoin ? Après quoi courons-nous sans relâche ? Pour qui ? Pour quoi ? Pour prouver quoi, à qui ? Pour réparer quoi ? Pour panser quelle blessure ?
Nous sommes toutes et tous façonnés par un héritage familial. Par ce que nos parents nous ont transmis, enseigné, inculqué… par leurs valeurs, leurs croyances… par tout ce qui leur a été transmis par nos grands-parents et que nous transmettrons à notre tour, à nos enfants, à notre entourage, dans notre travail… très certainement réévalué selon notre propre regard, nos expériences, nos valeurs etc… la vie est une continuité de transmissions diverses et variées.
Mais, une chose nous est commune à tous, la mort. Que souhaiterions-nous sur notre lit de mort, lorsque nous ferons le bilan de notre existence, de notre passage sur terre… lorsque nous réfléchirons au sens qu’a été notre vie ? Un capital immobilier, des comptes en banque bien remplis, une succession pour nos enfants… des souvenirs… ou tout simplement être entouré(e) des êtres qui nous auront aimé(e), que l’on aura aimés, qui nous auront accompagné(e) tout au long du chemin. Parce qu’au fond, il n’y a pas pire malédiction que de ne pas être aimé(e). Cela pourrait être ça, le sens de la vie, tout simplement.
Mais continuons…
Certain(e)s traversent la vie comme l’on sillonne un aéroport, toujours pressés, distraits, jamais vraiment là, tournés vers une seule et même destination, qu’ils pensent être capitale. D’autres comprennent que vivre c’est apprendre… à marcher, à regarder autrement, à découvrir, à se tromper, à s’émerveiller. Lorsque je dis apprendre, je ne parle pas de devenir une encyclopédie, un maître du savoir, car trop de personnes « débordent » de références tout en restant étrangers à eux-mêmes. Je parle de S’apprendre, de laisser grandir sa lumière intérieure en acceptant la leçon que nous offre chaque jour qui s’ouvre à nous. Un enfant s’émerveille de tout, demeure curieux, avide d’acquisitions sans peur d’être jugé, là où l’adulte, bien souvent, s’enferme dans ses certitudes. Ce dernier croit tout savoir, tout comprendre et cesse alors d’écouter, d’observer… seulement la vie est un enseignement permanent dans le bonheur comme dans la souffrance. Un chagrin d’amour, nous apprend le véritable amour. Un échec nous apprend à gérer notre orgueil, à revoir nos ambitions, tout en révélant notre courage. Un deuil, un trauma nous apprennent la résilience etc…
Le quotidien est une source inépuisable d’apprentissages. Le matin, nous enseigne le recommencement… le soir, le détachement. Les saisons nous rappellent que rien n’est figé, que tout est en mouvement permanent. L’apprentissage développe l’humilité lumineuse de celle, ou de celui qui prend conscience de l’immensité de la réalité. En avançant, chaque jour, il conscientise l’étendue de ce qu’il ignore, de ce qui lui reste à apprendre… alors, il devient plus attentif à ce qui l’entoure, aux gens, aux regards, aux silences, aux sentiments, aux contradictions humaines. Il ne cherche pas à gagner, mais à comprendre. L’être qui cherche à apprendre, ralentit, il sait qu’un jardin a besoin de plusieurs saisons pour être à son apogée… il sait que la vérité met, parfois, du temps à jaillir… il accepte de changer d’avis, de se libérer de cette obstination à défendre ses convictions devenues obsolètes et parfois même vaniteuses… il accepte de se transformer, de renoncer à ses parts de lui qui correspondent à ses illusions anciennes. Chaque découverte, chaque renoncement, chaque échec agrandit notre manière d’appréhender le monde, de le regarder, de l’apprivoiser. Apprendre n’est pas simplement une ouverture de l’esprit mais une ouverture du cœur.
Et si c’était ça, le sens de la vie ?
Dans un monde où tout va trop vite… où l’on parle, avant de croire… où l’on juge, avant de savoir… où l’on réagit, avant de comprendre… où l’on dépense, avant de gagner… où l’on abandonne, avant d’essayer… où l’on meurt, avant de vivre… on oublie trop souvent que le bonheur est de réaliser nos rêves, de faire ce que l’on aime… quand on ne sait plus ce que l’on aime, on se perd, on s’égare et l’on commence à vivre dans l’illusion. Les vraies valeurs de la vie sont simples : l’amour, l’humilité, l’honnêteté, l’intégrité, la bienveillance, la paix, la joie, la créativité… sauf, qu’aujourd’hui ces valeurs ont été remplacées par l’argent, la rentabilité et comme disait, une fois encore, Irène Grosjean :
« On achète du sexe, mais pas l’amour »
« On achète une maison, mais pas un foyer »
« On achète des loisirs mais, pas le bonheur »Et de conclure : « Les vraies richesses ne s’achètent pas, elles se gagnent ! »
L’idée n’est pas de posséder toujours plus, de dominer encore et toujours pour régner, de briller pour éteindre la lumière des autres, mais de demeurer vivant dans son intériorité jusqu’au dernier souffle. C’est peut-être, aussi ça, le sens de la vie.
Sortir de la victimisation, position confortable qui entretient une forme de tristesse profonde en quête d’amour, de reconnaissance et de validation… afin de se responsabiliser. C’est en devenant responsable de ce que l’on est, de ce que l’on vit, de nos choix, de nos erreurs et parfois même de nos malheurs que l’on donne du sens à notre existence. En sortant de la victimisation, on devient libre de s’affranchir des autres. On devient responsable de notre place dans ce monde, et le sens de la vie est peut-être à cet endroit.
Accepter la fragilité de l’existence, nous ouvre les portes de la sagesse. Se questionner sur le monde, sur le sens de sa vie… sur : que dois-je faire ? Où est ma place ? Ou encore, ressasser cette question fondamentale : Que vais-je devenir ? C’est prendre conscience que nous passons une vie à chercher des réponses, sans jamais les trouver. Accepter l’inquiétude de ne pas savoir, accepter de ne pas avoir de certitudes, ne surtout pas chercher la réassurance pour continuer d’avancer. Nos inquiétudes sont naturelles, par essence. Nous sommes mortels et, par essence même, un jour la mort viendra toquer à notre porte et l’on ne peut rien y changer. C’est la condition humaine. Alors, si nous posions notre regard sur ce qui nous attend et non sur ce que nous avons traversé… sourire à la vie, ne plus s’apitoyer sur ce que l’on a perdu. La mort nous rappelle l’importance de ne pas s’inquiéter pour rien, pour des futilités… le temps n’est pas une ressource inépuisable, il s’écoule chaque jour qui passe. Et si, le sens de la vie, était de ne pas attendre un drame pour se faire la promesse (tenue !) de choisir la lumière, de rire plus fort, d’aimer sans demi-mesure, de ne plus chercher à contrôler mais à lâcher prise, d’oser.
« On regrette rarement d’avoir osé, mais toujours de ne pas avoir essayé ! »
Il faut avoir vécu le malheur pour avoir conscience du bonheur. Il faut avoir connu la déception amoureuse pour connaitre l’amour. Le bonheur absolu, la félicité ne sont qu’illusions c’est en acceptant ces notions que l’on peut devenir heureux. Le bonheur ne dépend de rien d’autre que de nous-même. Le sens de la vie n’est-il pas de la traverser en conscience, de reconnaitre sa fragilité, son inconstance, son éphémérité (effet mérité) et de la traiter avec le respect de ce qu’elle nous permet de réaliser.
Alors, comment savoir si l’on est sur le bon chemin ? Notre chemin… si l’on a trouvé le sens de notre vie ? Aucune réponse universelle n’existe, ne se trouve. Juste un sentiment de justesse, d’avancer vers ce que l’on est, vers quelque chose dans lequel on se reconnait… quelque chose qui nous nourrit, nous remplit… dans lequel les parts de soi que l’on découvre, que l’on reconnait nous plaisent et nous apportent un sentiment de complétude, d’unité, d’harmonie entre ce que l’on pense, ce que l’on dit, ce que l’on est. L’harmonisation de notre âme, de notre esprit, de notre cœur.
« Qui suis-je prêt à devenir ? » pour trouver le sens de ma vie…
Ce n’est que mon regard…
Astrid Veillon
